L’analyse pathologique
En 1984, dans le quartier étudiant de Kanda, qui était tout d’abord un quartier artisan, un ancien étudiant fait une découverte extraordinaire. Ce quartier bordé de librairies d’occasion renferme toute sorte de documents anciens. C’est là que ce jeune diplômé de l’université Keio de Tokyo, et amateur de livres anciens découvre une étrange boite. Cette dernière, remplie de vieux papiers, semble avoir appartenu à un officier de l’armée impériale japonaise.
Parmi les papiers, des plans, des tableaux, des schémas. Tous ces documents indiquent des directions du vent avec des symboles incompréhensibles, les vestiges d’un camp, ou encore des descriptions bien précises de divers symptômes de maladies humaines. L’étudiant, impressionné par la précision de la description des maux et des symptômes, reste dubitatif. Toutes les notes décrivent des maladies, des premiers symptômes jusqu’à la mort mais aucun traitement, aucune forme de rémission et encore moins de guérison n'est mentionnée. Il est frappée de stupeur quand il comprend en consultant les différents documents que les maladies étaient en fait inoculées volontairement aux humains à des fins expérimentales. Il vient de découvrir l’un des plus sinistres secrets de l’humanité, sans doute le plus terrible de son pays et surtout la plus grande dissimulation de vérité à l’échelle mondiale.
Pour observer ces expériences, il faut remonter le temps. Près de 60 ans avant cette trouvaille, dans la Mandchourie, région éloignée du Nord de la Chine, de nombreux camps de recherches japonais tournaient encore à plein régime afin de découvrir des renseignements sur les limites et les faiblesses du corps humain et ainsi remporter la victoire contre les chinois. Toutes les maladies transmises aux cobayes par tous les moyens, ou tous les changements de milieux auxquels ils étaient soumis, permettaient d'observer le corps humain et ses spécificités, sous toutes les « coutures », et toutes les réactions qu'il pouvait avoir.
Au sein des camps, des maladies telles que la peste, l'anthrax et la tuberculose, étaient inoculées aux cobayes. Les médecins, étaient chargés d'analyser les agents pathogènes présents à l'intérieur des organismes des cobayes. Les personnes membres de l'Unité se servaient de ces analyses pour observer les symptômes chroniques jusqu'à la mort. Les agents pathogènes étaient tout d'abord fabriqués synthétiquement puis injectés à des insectes. Les insectes alors porteurs d'agents pathogènes étaient insérés par n'importe quel moyen dans l'organisme du cobaye. Les médecins observaient ensuite l'évolution de ces agents en relevant les symptômes ressentis par les cobayes chaque jour et ce, jusqu'à sa mort. Comme certains agents très virulents se propageaient rapidement, le nombre de morts augmenta rapidement pour atteindre des proportions énormes.
Parmi les pathologies étudiées dans les camps, nous pouvons citer :
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Bactérie Yersine Pestis
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- La Peste : C'est la maladie qui fascinait le plus Ishii. Elle est due à une bactérie, la Yersine Pestis, qui fit des ravages en France au XIVème siècle. Cette maladie est transmise par la morsure de puces infectées ou par l'absorption respiratoire ou buccale de gouttelettes respiratoires d'animaux ou d'humains infectés.
La peste se dérive sous trois principales formes cliniques:
La peste pulmonaire : Son temps d'incubation est de 1 à 6 jours. Elle se manifeste violement par des symptômes tels que maux de têtes intenses, malaises, fièvre supérieure à 40 degrés, nausées, prostration et douleurs au niveau de l'abdomen. Si aucun traitement antibiotique n'est fourni, le malade trépasse en moins de trois jours.
La peste bubonique : Cette forme est la plus répandue et représente près de 85% des cas. Son temps d'incubation va de 2 à 8 jours. Les symptômes, rapidement présents, sont la fièvre élevée, les maux de tête, les nausées, les malaises, l'asthénie et la prostration, accompagnés de l'apparition d'un bubon au niveau de la morsure, environ un jour après. Si aucun traitement n'est prodigué, les risques de mortalité vont jusqu'à 60%.
La peste septicémique : Elle est souvent associée à une complication au niveau du bubon, d'une pneumonie ou même peu apparaître sans antécédents. Parmi les symptômes, on retrouve le choc septique, la coagulation sanguine à l'origine de longues ecchymoses, et des risques de gangrènes aux extrémités (nez, doigts, orteils).
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Bactérie Bacilus Anthracis
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- L'Anthrax : L'anthrax, aussi qualifié de maladie du charbon se transmet aussi par une bactérie, la Bacillus anthracis. On retrouve principalement cette pathologie dans les pays en voie de développement d'Asie, d'Afrique, d'Amérique du Sud et de l'Est mais elle reste rare dans les pays industrialisés. On la retrouve principalement sous sa forme cutanée qui fait près de 2 000 morts chaque année. L'anthrax existe sous trois formes:
La forme inhalée : Son temps d'incubation va jusqu'à 15 jours, et varie en fonction de la quantité de spores inspirés. La première phase de cette forme se traduit par une légère fièvre accompagnée d'une asthénie, de toux, de maux de tête, de vives douleurs au niveau du thorax et de l'abdomen et de nausées. On peut observer quelques fois des rémissions à la fin de la première phase. La seconde phase est plus brutale et se traduit par une forte montée en température, des frissons, des douleurs vives au niveau du sternum, une cyanose, un choc septique et dans un cas sur deux une hémorragie du cerveau. Si le traitement antibiotique ne débute que dans la seconde phase, ce dernier devient inutile et le malade meure moins de 5 jours après dans la majorité des cas.
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Forme cutanée de l’Anthrax
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La forme cutanée : Son temps d'incubation est inferieur à 5 jours. Cette forme d'Anthrax représente la grande majorité soit plus de 9 cas sur 10, sans compter les attaques biologiques. Elle se transmet par contact avec un animal infecté et par l'intermédiaire d'une lésion cutanée, d'une plaie ou d'une égratignure. Dans les deux premiers jours, ont observe l'apparition d'une vésicule entourée d'un œdème et moins d'une semaine après de plusieurs autres vésicules. Sous traitement, les cas de décès sont quasi-nuls, mais sans ils vont jusqu'à 20%.
La forme digestive : Cette dernière forme est due à l'ingestion de spores. Moins d'une semaine après l'ingestion, on observe l'apparition de nausées, des pertes d'appétit, des malaises, des fièvres et des douleurs à l'abdomen. On observe ensuite des diarrhées sanglantes et un état septique. En moins de 5 jours et dans un cas sur deux, cette forme conduit à un syndrome toxinique, ce qui entraîne la mort.
- La Variole : la variole a été officiellement éradiquée dans le monde en 1980. Elle se transmet de manière inter humaine, sa période d'incubation et d'environ 10 à 12 jours, et les symptômes sont nombreux : des maux de tête, de la fièvre élevée, de l’anxiété, puis apparition de tâches rouges au niveau de lèvres, et des lésions sur le visage et les avant-bras, qui s'étendent vers le tronc et les jambes en 24 heures. Les complications apparaissent fréquemment, telles que des bronchites, des pneumopathies, et des œdèmes pulmonaires. La mort survient entre 4 à 15 jours, dans 30 % des cas chez les individus non vaccinés.
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Enfant Variolique |
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Virus de la Variole
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La variole présente également des formes dérivées, telles que la variole hémorragique mortelle dans 99 % des cas, la variole coalescente mortelle dans 95 % des cas, ou encore la variole atténuée, ou il n'y a pas apparition de pustules.
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Bacille Clostridium Botulinum
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- Le botulisme : Sa période d'incubation varie en fonction de la concentration de la toxine jusqu'à 3 jours. Cette maladie est causée par les toxines botuliques, ces dernières sont produites par un gros bacille anaérobique appelé Clostridium Botulinum, et étant capable de se changer en spores. Les toxines produites font parti des plus violentes et ont une faculté de production impressionnante
Cette maladie très meurtrière ne présente aucun risque de transmission interhumaine. Les premiers symptômes apparaissent très brutalement. On observe alors des troubles de la vision, la photophobie, une paralysie faciale, une dysphonie, des faiblesses musculaires et respiratoires, une paralysie motrice à la tête puis aux membres et aux muscles respiratoires, des nausées, des diarrhées, et des constipations. Aucun trouble de la sensibilité ou de la conscience n'est relevé et on ne voit pas non plus de fièvre. Le temps de récupération de certains symptômes peut durer quelques années, et une récupération motrice complète est atteinte avant 6 mois.
Pendant plus de 10 ans, Shiro Ishii et son unité de recherche expérimentèrent leurs découvertes et leurs inventions sadiques. Ainsi ils purent mieux connaître les maladies afin de les contrôler, et donc de pouvoir aussi bien les rendre plus dangereuses et redoutables chez l'ennemi que passagères et inoffensives pour les alliés





